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Petit cours de démographie à l’attention du maire de Pernes

Le maire de Pernes nous explique dans son dernier journal que l’INSEE ferait mal son travail, que la population de notre belle ville ne diminue pas, au contraire. « 9 286 habitants pris en compte pour 2018, c’est inconcevable ! » dit-il.
Il affiche donc sa propre réalité du terrain, citant… les inscriptions sur les listes électorales, les naissances et les décès des dernières années, le nombre de permis de construire, les enfants de moins de 18 ans, le nombre de logements et celui des compteurs électriques.
Tout est bon pour essayer de démontrer que l’INSEE fait les choses à l’envers et ne sait pas compter.

La réalité est plus simple à comprendre et il est triste de constater que le maire de Pernes, après toutes ces décennies à la tête d’une commune importante, ne sache pas faire le lien entre plusieurs phénomènes qui ont marqué l’évolution de notre mode de vie et surtout qu’il ne voit pas l’effet désastreux de sa politique de l’habitat.
A Pernes, comme partout en France, le nombre de personnes par ménage a baissé ces dernières années, de même que le nombre de personnes par logement. Les familles nombreuses sont en forte baisse, la décohabitation familiale s’est accélérée, la monoparentalité s’est développée, les mises en couples sont plus tardives. Donc, pour simplement maintenir la population au même niveau, il faut créer davantage de logements. Mais ce n’est pas ce qui est fait à Pernes. Les constructions nouvelles sont insuffisantes. Les engagements de la commune fixés dans le Programme Local de l’Habitat ne sont pas tenus. En cinq ans, on a compté 97 résidences principales de moins, alors que les résidences secondaires sont passées de 222 à 331. Et chacun des 4 237 logements recensés est occupé en moyenne par moins de personnes. Ainsi, les couples avec enfants qui étaient 4 990 il y a cinq ans, ne sont plus que 4 273. Une baisse énorme ! A l’inverse, les ménages d’une seule personne sont passés de 1 041 à 1 294.

Pour compléter ce tableau, il faut citer le nombre de logements vacants qui a littéralement explosé : 367 au dernier recensement. Il n’y a qu’à parcourir les rues et chemins de la ville pour s’apercevoir que le nombre de maisons aux volets clos s’est considérablement développé. Un constat bien paradoxal à une période où beaucoup ont du mal à se loger, mais qui s’explique facilement par les prix de l’immobilier, les problèmes de succession ou l’impossibilité financière pour les propriétaires de rénover de vieilles habitations.

Citer le nombre de permis de construire (dont l’essentiel ne porte pas sur des logements supplémentaires) ou les inscriptions sur les listes électorales, pour contester la baisse de population, est manifestement de la part du maire un nouveau témoignage de mauvaise foi.

Le résultat bien réel, c’est la baisse du nombre d’élèves Pernois dans nos écoles et les fermetures de classes, comme celle qui vient d’être à nouveau décidée à l’école primaire Jean Moulin. Les chiffres officiels de la mairie donnaient 1 020 élèves en 2016 et 975 à la rentrée 2018. Là, ce n’est pas l’INSEE qui est en faute !