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Nouvelle zone d’activités Petite route de Carpentras : Riverains et agriculteur en colère !

Une modification en cours du Plan Local d’Urbanisme (PLU) prévoit la mise en oeuvre à court terme d’une nouvelle zone d’activités, sur 7,5 ha, à l’extrémité de la petite route de Carpentras. Le projet, initialement prévu à un horizon lointain, n’avait jamais fait parler de lui, tant la communication de la municipalité et la concertation avec les principaux intéressés ont toujours été inexistantes. Mais l’inquiétude, puis la colère, viennent de gagner de nombreux habitants. Ils ont dit non à ce changement et ne sont pas prêts à laisser faire.
Premières initiatives : un rapport argumenté remis lors de l’enquête publique sur la modification du PLU, une pétition, des rendez-vous avec le maire et le député, un courrier au ministre…

La justification officielle du projet est contestée

Avant d’être dans la contestation, les riverains et l’agriculteur bio concerné (qui va voir ainsi disparaître des années d’effort), ont d’abord pris soin d’examiner en détail les arguments présentés par la mairie qui a décidé de précipiter la réalisation cette nouvelle zone d’activités. Conclusion : ils ne sont pas convaincus, mais alors, pas du tout ! Le dossier fait référence en effet à « l’absence d’autres opportunités foncières à vocation économique sur la commune » et à « de nombreuses sollicitations de la part d’entreprises artisanales et de services ».

Or, la réalité est toute autre. Une zone artisanale nouvelle vient de faire son apparition sur 4,4 ha, dans le prolongement de la zone de Prato 2 qui bénéficie déjà de toutes les viabilités. Installé en bordure de la grande route de Carpentras, un immense panneau publicitaire annonce la création de 27 lots, en donnant les coordonnées du promoteur et les prix des terrains. Cette offre devrait ainsi répondre aux demandes locales pour plusieurs années, une demande pas si importante qu’on veut bien le faire croire au regard du temps qu’il a fallu pour vendre les derniers lots de Prato. Ajoutons à cela, les initiatives publiques prises par les communes voisines, notamment Carpentras et Monteux, qui viennent de multiplier, à proximité, les offres nouvelles pour les entreprises.
Cet argument fondamental n’a pas ébranlé les certitudes du maire de Pernes et du commissaire enquêteur chargé du dossier. Plus grave : il a été ignoré ! Le rapport final transmis par ce dernier le 20 décembre et consultable sur le site internet de la mairie, ne répond pas à l’observation principale des riverains. Pire, il ne contient pas les documents qui lui ont été remis. L’enquête publique et ses résultats devraient être frappés d’irrégularité.

Une pétition signée par 50 habitants du secteur

Lors du rendez-vous qu’il a récemment accordé aux représentants des habitants en colère, le maire a confirmé la volonté municipale d’engager rapidement l’opération qui sera d’ailleurs conduite par la communauté de communes Les Sorgues du Comtat, compétente en matière économique. Il a balayé le courrier de la Chambre d’Agriculture de Vaucluse qui soutient l’opposition de l’agriculteur converti au bio depuis 12 ans et inclus dans le projet. La pétition signée en quelques jours par 50 personnes, qui dénoncent également les multiples conséquences sur l’environnement, le cadre de vie, la circulation et la sécurité, ne semble pas l’avoir perturbé.

Lorsque les élus de Pernes Dynamique et Solidaire ont rappelé tous ces problèmes et demandé, lors du Conseil municipal du 17 décembre dernier, que la stratégie de ce projet d’aménagement, son périmètre et son contenu, soient revus, dans un dialogue constructif avec les personnes concernées, il a refusé. Parlant de la Chambre d’Agriculture, il a indiqué « qu’elle aurait dû se réveiller plus tôt ! ». Il a écarté toute réduction de la surface de la zone, disant que c’était hors sujet, promettant simplement de faire réaliser une protection végétale en limite des futures entreprises et s’engageant à ne pas exproprier l’agriculteur qui refuse de vendre. Une promesse évidemment sans valeur juridique.

Un dossier mené avec beaucoup de légèreté et l’absence de
concertation avec les intéressés

Aucune réunion d’explication et de présentation du projet n’a jamais été proposée aux principaux intéressés, avant que tout ne soit décidé. C’est une constance chez le maire. Un échange préalable avec l’agriculteur dont l’exploitation est désormais mise en péril était nécessaire. Le maire aurait pu prendre conscience des enjeux, lui qui se fait fort de soutenir les initiatives de l’agriculture biologique, les produits du terroir et les circuits courts. Car c’est de cela qu’il s’agit !

Il aurait pu prendre conscience des nombreux bouleversements induits par cette opération sur le voisinage, lui qui prône régulièrement la protection des paysages et la qualité de vie dans la commune. Le manque de professionnalisme et la légèreté avec lequel ce projet a été conduit par la municipalité constituent une faute.

Les opposants semblent aujourd’hui plus déterminés que jamais et sont prêts à tous les recours pour faire entendre leurs droits. Ce projet doit être revu. Les élus de Pernes Dynamique et Solidaire le diront haut et fort lors du prochain conseil municipal qui demandera d’approuver la modification du PLU. Le maire de Pernes doit savoir reconnaître ses erreurs.