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Non au projet d’urbanisation de l’Argilouse

Le 30 avril dernier, le maire de Pernes a fait approuver par sa majorité au Conseil municipal, une modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) qui concerne le projet de construction de 98 nouveaux logements sur des terrains privés du secteur de l’Argilouse, entre le chemin de Landra et le chemin du Peyrard. Les élus de Pernes Dynamique et Solidaire ont voté contre.

Ce projet figurait déjà dans le PLU initial approuvé en décembre 2016 et le groupe d’opposition avait fait les mêmes remarques, à savoir qu’il fallait au préalable régler, en aval du site, les problèmes d’évacuation des eaux pluviales, mais aussi trouver des réponses au trafic supplémentaire de véhicules engendré par l’opération. D’autres zones constructibles de la commune pouvaient sans difficultés répondre au besoin de réalisation de nouveaux logements. Mais le maire était passé outre, les arguments pourtant techniquement vérifiables de l’opposition, étant par principe écartés.

Les lotissements situés en parties basses de ce quartier de Pernes sont régulièrement touchés par des inondations en périodes de fortes pluies, et ces épisodes que l’on disait exceptionnels se répètent et se répèteront de plus en plus souvent. Les eaux pluviales ne sont pas retenues en amont et les systèmes d’évacuation en aval sont insuffisamment dimensionnés. C’est la réalité. Tous les habitants concernés se souviennent des moments difficiles auxquels ils ont dû faire face et ils n’ont pas envie d’être confrontés à des situations qui seraient catastrophiques. Le nouveau projet prévoit de remplacer le bassin de rétention proposé initialement sur le site pour stocker et infiltrer l’eau de pluie, par des « noues » et des fossés le long des voies revêtus de matériaux imperméables. De savants calculs ont montré que le risque d’inondation ne serait pas aggravé ! Mais rien de nouveau en aval du futur quartier, ce qui est totalement irresponsable de la part de la commune dont c’est la compétence.

L’autre problème concerne le trafic automobile, déjà important sur un secteur actuellement desservi par des chemins étroits et mal entretenus. Car les 98 nouveaux logements, en majorité des F3, F4 et F5, vont s’accompagner d’un parc automobile de plus de 150 voitures qui tous les jours vont venir compliquer une situation déjà difficile. Le chemin du Peyrard en particulier, où le danger est permanent, va devoir supporter le trafic supplémentaire lié à l’installation de 35 familles. Et le maire n’a annoncé aucun aménagement de voirie sur le secteur.

Nous ne parlerons pas ici des méthodes condamnables d’un promoteur peu scrupuleux qui fait pression sur les propriétaires fonciers pour acheter les terrains nécessaires à son projet, à des prix qui varient suivant les interlocuteurs et à des conditions de paiement inacceptables pour beaucoup.

La ville de Pernes a besoin de nouveaux logements pour répondre à une demande importante et éviter de continuer à perdre de la population.
Mais la mairie doit assumer ses propres responsabilités et ne pas céder aux pressions des promoteurs. Elle doit protéger sa population, faire preuve d’initiatives et, lorsque c’est nécessaire – comme c’est le cas pour ce projet d’urbanisation – s’engager clairement sur les aménagements préalables qui relèvent de sa compétence.