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La nature maltraitée une nouvelle fois

L’initiative vient cette fois des Sorgues du Comtat qui n’ont pas pris la mesure des conséquences dangereuses pour notre environnement de la mise en place de pièges à rats dans des zones particulièrement sensibles.
Les promeneurs des berges de la Nesque et du Canal de Carpentras, à proximité du centre de Pernes, ont en effet récemment découvert, attachées à un tronc d’arbre ou vissées à la base d’un vieux mur ou sous un pont, des petites boites noires en plastique, d’environ 10 cm d’épaisseur, comportant une double entrée… à l’attention des rongeurs.

Ces petites boites noires, censées limiter la multiplication des rats, contiennent une pâte verte qui se dilue facilement avec la pluie et termine sa course dans les cours d’eau, ici la Nesque et le canal de Carpentras. Le problème, c’est que cette pâte verte, dénommée LA BROMADIOLONE, constitue un puissant poison hautement toxique pour l’environnement. L’affaire vient d’être dénoncée par l’association La Nesque Propre et France Nature Environnement 84, alertés il y a quelques jours par Dimitri MARGUERAT, un éminent naturaliste Pernois.

Dans une note très explicite, ce dernier explique que la Bromadiolone est un anticoagulant qui tue en provoquant des hémorragies internes et la mort lente des rongeurs qui agonisent dans la nature, intoxiquant toute la chaîne alimentaire (rapaces nocturnes et diurnes, mammifères sauvages carnivores, mais aussi les chiens, les chats qui consomment ces proies faciles, sans épargner les sangliers). Dispersée dans les champs pour lutter contre la prolifération des campagnols, la bromadiolone provoque de véritables hécatombes d’animaux sauvages dans de nombreux départements, accentuant les déséquilibres.

Sur les bords de la Nesque et le long du canal de Carpentras, la dilution de la Bromadiolone a bien sûr des conséquences complémentaires dramatiques sur les cours d’eau, impactant les poissons et les invertébrés aquatiques. L’installation de ces pièges obéit à un certain nombre d’obligations qui, visiblement, n’ont pas été respectées.

Dimitri MARGUERAT vient d’expliquer sur France Bleu Vaucluse et dans une interview à France 3 tous les méfaits de ces pièges à appâts chimiques et la nécessité d’arrêter le massacre au plus vite. Espérons que les responsables des Sorgues du Comtat et le maire de Pernes, destinataires d’une note d’alerte, sauront faire rapidement le bon choix.