Tél. 06 42 18 64 29 robert.igoulen@laposte.net

Friches urbaines : des projets pour Pernes

Notre commune est dotée de plusieurs terrains, publics et privés, correspondant à d’anciennes activités économiques abandonnées depuis de nombreuses années et qui sont devenues de véritables verrues dans le paysage, pouvant poser des problèmes importants de salubrité et de sécurité. Ils représentent pourtant des opportunités d’aménagement durable qui doivent participer au développement… avec un préalable : la concertation et le débat avec la population.

Parmi eux, bien sûr, le site de l’ancienne gare de Pernes, une immense friche de 4 ha proche du centre, sur laquelle la municipalité n’a jamais été en mesure de proposer un programme d’ensemble tourné vers l’avenir. Rappelons que cette propriété municipale, vendue aux Sorgues du Comtat, puis rachetée, a fait l’objet de plusieurs études jetées à la poubelle. Un fiasco financier de 525 000 €, auxquels sont venus s’ajouter les déboires liés à la gestion catastrophique du dossier du restaurant (80 000 € de perte nette à l’issue de l’expulsion du gérant). Et le gâchis n’est pas terminé.
Pernes Dynamique et Solidaire avait proposé, dans son programme municipal, la réalisation d’un nouveau quartier « multifonctionnel et multigénérationnel » comprenant un parc urbain intégrant un jardin d’enfants, un équipement de la petite enfance en remplacement de l’actuelle crèche J. Moulin, un Centre Local d’Information et de Coordination gérontologique (CLIC), un ensemble résidentiel à taille humaine… et une liaison piétonne avec le coeur de ville. Un appel à projets pouvait être lancé, comme le font beaucoup de communes confrontées à de tels enjeux de développement.
La dernière idée municipale d’y installer une aire de camping-cars, à côté du futur musée des vieux outils et du relookage du bâtiment Colus, traduit l’absence totale de cohérence et d’ambition.

L’autre site important qui mérite une réflexion particulière est celui de l’ancienne conserverie Fontana, sur lequel le maire veut réaliser un Centre d’Artisanat d’Art, comme il vient de le confirmer au Conseil municipal du 2 octobre dernier… après avoir dépensé 300 000 € pour la transformation du bâtiment jouxtant l’Espace Jeunesse en nouvelle galerie d’Art. Pernes, ville musée ! Un bel avenir pour la commune et sa jeunesse ! Nous pensons au contraire que la reconversion de cette friche urbaine de 4 000 m2, propriété privée en indivision, doit se faire en conservant la mémoire du site, mais participer réellement au développement économique. L’idée d’y aménager une pépinière d’entreprises spécialisées en agroalimentaire, en lien avec les spécificités de notre territoire, doit être approfondie. Il s’agirait, dans le cadre d’une initiative des Sorgues du Comtat, de créer une structure d’accueil, d’hébergement et d’accompagnement de nouvelles entreprises permettant aux jeunes entrepreneurs locaux de disposer d’un appui pour leur lancement et leur développement.

Nous pensons également au site de l’ancienne station-service, le « Relais des Fontaines », avenue Paul de Vivie, face à la gendarmerie, rapidement devenue une atteinte à l’environnement à l’entrée de Pernes et une plaie insalubre. Une image déplorable, un bâtiment désaffecté, des équipements détériorés, des véhicules abandonnés… Les obligations légales qui s’imposent à ce type d’installations, après cessation d’activité, ne sont pas respectées, ce qui ne semble pas perturber les responsables publics, le préfet, mais aussi le maire.
Une réunion avec l’ensemble des partenaires publics et privés (notamment ceux impliqués dans les procédures en contentieux en cours) est un préalable à toute proposition de reconversion du site.

A l’heure où notre commune recherche un nouveau souffle, voilà trois espaces désaffectés, particulièrement bien situés, qui méritent un projet urbain, élaboré en pleine concertation avec les riverains et les associations et faire l’objet d’un débat public. La pénurie de financements publics ne doit pas être un frein à l’innovation.