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Des résultats en trompe-l’oeil !

Les premiers constats de cette élection présidentielle sont rassurants : on évite le pire au niveau national… et les résultats sur le Vaucluse ne sont pas catastrophiques, puisque Marine LE PEN arrive derrière Macron (46,55 % contre 53,45 %). A force d’enregistrer des scores toujours en hausse, on pouvait s’attendre à ce que le parti d’extrême droite rafle à nouveau la mise sur un département qui est devenu, avec d’autres, un de ses lieux de prédilection.
Mais derrière cette relative satisfaction, et si l’on prend un peu de recul, il y a des chiffres qui inquiètent localement, notamment pour l’avenir de notre territoire des Sorgues du Comtat.

14 240 voix recueillies par le FN dans nos cinq communes, soit 1 539 de plus qu’au 2ème tour des Régionales qui était déjà un record !!

 

Marine LE PEN arrive en tête sur les cinq communes de l’intercommunalité, avec 55,78 % des voix. C’est près de 18 points de plus qu’au premier tour, où elle a atteint 37,91 %. Certains diront que c’est moins que les 59,05 % du 2ème tour des Régionales de décembre 2015. D’autres mettront en avant ses résultats en baisse relative à Bédarrides et Sorgues.

Mais la réalité est toute autre si l’on s’en regarde le nombre de voix obtenues. La réalité, c’est que le Front National, avec 14 240 suffrages, vient de battre un record sur notre intercommunalité. C’est 3 134 voix de plus qu’au 1er tour. C’est surtout 1 539 bulletins de plus qu’au 2ème tour des Régionales où le FN avait fait son meilleur score. Qu’on le veuille ou non, la progression du vote de l’extrême droite est ici indiscutable. Son socle s’élargit et beaucoup en tirent déjà des conséquences sur les futures élections locales, même si, c’est vrai, il s’agit d’élections aux enjeux différents, moins politisées, où la personnalité des hommes et des femmes connus et proches des citoyens joue un rôle essentiel.

Sur la commune de Pernes, Marine LE PEN ne franchit pas la barre des 50 %, mais avec 3 070 voix, elle fait plus que le score de sa nièce aux Régionales (2 913 voix). A Monteux, l’écart est encore plus significatif : 3 176 suffrages aux Régionales, 3 599 à la Présidentielle. Et c’est à Sorgues que c’est le plus inquiétant : 4 299 voix en décembre 2015, 5 024 voix en mai 2017, malgré, là aussi des pourcentages en légère baisse qui masquent la réalité. Les élus en place dans ces communes, de gauche comme de droite, n’en finissent pas de chercher les bonnes réponses. Et ils attendent du nouveau gouvernement qu’il s’occupe vraiment des territoires.

Faire taire la colère et la désespérance, cela passe par un changement radical de la politique économique et sociale : plus d’emplois, moins de précarité. Ce passe par un changement des pratiques et des comportements. Mais cela suppose aussi plus de respect pour les collectivités locales qui doivent disposer de capacités d’interventions suffisantes pour répondre aux dangers du quotidien, à la disparition progressive et malsaine des services publics, à la dégradation du cadre de vie, des conditions de logement et de transport. Autant d’éléments qui alimentent le mal-être, renforcent le sentiment d’injustice et cristallisent le repli sur soi et les oppositions.