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Accessibilité aux bâtiments et espaces publics : l’impasse !

Les personnes en fauteuil roulant le diraient mieux que nous, avec plus de détails et plus de virulence : la commune de Pernes n’est pas faite pour eux et leur sécurité n’est pas assurée !

Cela ne date pas d’hier, mais rien n’est fait pour combler l’énorme retard… qu’il s’agisse de la circulation sur les trottoirs, des traversées de chaussées, de l’accès aux commerces ou de l’entrée dans les bâtiments publics. Seul l’Office de Tourisme semble échapper aux critiques, car il faut soigner les visiteurs d’un jour et justifier notre classement.

La loi dite « Handicap » du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », a fait obligation aux propriétaires d’engager les travaux nécessaires dans un délai de dix ans. Mais devant leur peu d’empressement (qu’ils soient publics ou privés), et les contraintes affichées (vraies ou fausses), le délai a été rallongé et les modalités de mise en oeuvre assouplies… au grand dam des associations représentatives. Autant dire que la commune de Pernes s’est félicité de ces reports, sans se préoccuper de ses conséquences sur les personnes concernées. Mais tout a une fin.

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Le diagnostic officiel est accablant

Le diagnostic de l’accessibilité aux espaces publics et aux bâtiments propriété de la commune, réalisé par un bureau d’études spécialisé, traduit une situation catastrophique. Lors d’une commission municipale tenue en juin dernier, le maire a annoncé que 1 119 obstacles sur la voirie avaient été recensés, plus ou moins importants évidemment. Celui qui est présenté ci-dessus (en haut du cours de la République, à côté de la Porte St Gilles, figure déjà dans le livre des records !). Mais le maire ne s’est pas excusé pour autant, renvoyant à un programme pluriannuel pris en charge par Les Sorgues du Comtat, dont personne ne connaît la teneur.

La mission sur les bâtiments publics a relevé 60 situations inacceptables (avec 751 obstacles) sur Pernes et les Valayans, conduisant notre commune à être créditée d’un indice moyen d’accessibilité de 27 %, autant dire faible, mais là aussi avec des situations plus ou moins graves. Les sites considérés comme totalement inaccessibles sont au nombre de 37. On y trouve en particulier l’église Notre Dame de Nazareth, la halle couverte, le vestiaire Jean Moulin, des locaux commerciaux récemment achetés et rénovés par la commune….

L’engagement communal n’est pas à la hauteur !

Le coût des travaux, sur la partie bâtiments qui relève de la responsabilité de la municipalité, a été chiffré par le bureau d’études à 1 176 000 €, sachant qu’un certain nombre n’ont pas été retenus au motif qu’ils pouvaient faire l’objet de dérogations. Parmi elles, le Musée de l’ancienne école aux Valayans, le Musée du Drapier et celui de la Maison Fléchier ou la Tour de l’Horloge.

Un ordre de priorités a été arrêté et la mairie s’est engagée à financer l’ensemble sur une période de 7 ans. La dépense la plus importante concerne l’Hôtel de Ville (pose d’un ascenseur) pour 137 500 € (prévu dans le projet de rénovation). 

Le dossier présenté au Conseil municipal du 21 juillet 2016, a fait l’objet d’importantes remarques de la part des élus du groupe « Pernes Dynamique et Solidaire ».

Ils ont regretté que la commune ait attendu d’être mise en demeure par le Préfet pour prendre un engagement ferme en faveur des personnes à mobilité réduite, alors que la situation présente de réels dangers. Elle a déploré les choix d’investissements de la commune qui n’hésite pas au contraire à consacrer tous les ans plusieurs centaines de milliers d’euros dans des acquisitions d’immeubles anciens au nom de la conservation du patrimoine, alors que les priorités sont ailleurs. Elle a demandé, sans être entendue, que la durée d’investissement soit réduite à 5 ans.